Midi Libre - A la recherche d'une vie perdue

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midilibre_1.jpgMidi Libre (ici) sur l'ancien site.
Alain Xicluna se souviendra toute sa vie durant de la soirée du 10 janvier 1996. Elle fut synonyme d'horreur. D'une vie perdue et d'une autre qui ne tint qu'à un fil.
Le "Guindoul ", c'était le bateau d'Alain. Un voilier racé dont il conserve pieusement le souvenir dans un album photo. En compagnie de Sylvestre Agbotton, ils étaient partis de Toulon par temps calme: « La météo avait prévu une renverse de nord, et le vent de sud-ouest s'est levé. Mais cela n'inspirait guère de crainte pour mon bateau capable de supporter beaucoup plus » raconte Alain.


La catastrophe, inexplicable au demeurant, s'est produite à 15 milles des côtes au large de Sète. « Le bateau a littéralement piqué du nez. J'ai mis la "survie ", non gonflée, dans le cockpit. Puis, je me suis dit... il faut sortir. Au moment où je passais une bouée à Sylvestre, l'embarcation a sombré » se souvientil. Et d'ajouter: « On a été précipités à l'eau. J'ai eu une côte fracturée dans le choc. Bon nageur, j'ai pu remonter à la surface. Sylvestre avait disparu. J'ai crié comme un sourd pour le retrouver.» En plein hiver, inutile de dire que l'on ne résiste pas bien longtemps au choc. Je me suis dit, c'est fini «Alain était convaincu qu'il ne s'en sortirait pas. Par miracle, un sifflement s'est manifesté tout près de lui... La survie était en train de se gonfler vraisemblablement. le système coincé dans la coque s'est dèclenché au moment où le bateau à coulé


Un gîte et un défi

Le lendemain matin, le marin s'est échoué sur la plage des Aresquiers, avec un cauchemar dans la tête. Trois jours en hôpital psychiatrique ont précédé son retour parmi les autres.

La suite s'est révèlée Dantesque puisqu'Alain avait connu des déboires d'un tout autre ordre avec ce bateau... saisi quelques temps avant les faits.

Les lendemains ont accru le désarroi. L'accident a paru suspect aux uns, et tellement "farfelu " que les assureurs n'ont toujours rien remboursé » confie-t-il.

Alain Xicluna s'est alors résolu à partir en "croisade ", avec la ferme intention de retrouver le camarade disparu et de renflouer le "Guindoul ". Facile à dire, mais ce type d'opération nécessite des moyens considérables; hors de portée pour un homme qui a tout perdu dans le drame. Ce voilier, c'était son gîte et son défi.

En passant plus de deux cents coups de téléphone et en se débattant comme un diable, le marin a motivé des gens susceptibles de l'aider.!

La solidarité des gens d mer a aussi merveilleusement joué son rôle », reconnaît-il.

A plus de 80 mètres de fond

Alain a d'abord rencontré Jean-Louis Pereyre, un spécialiste de la recherche et la détection d'épaves et d'objets immergés. Outre cet entrepreneur, d'autres sociétés ont affirmé leur volonté de participer à 1" aventure ". C'est le cas dITE C (Montpellier) qui a consenti à prêter un robot sous-marin. La SONELEC met également la main à la pâte en prêtant un autre type de matériel sophistiqué.

Selon les indications d'un bateau de pêche qui aurait accroché l'épave, le " Guindoul" se trouve à un peu plus de 80 mètres de fond.

Avec cette précieuse indication et le concours de spécialistes, Alain n'avait plus qu'à... trouver un bateau! La rencontre avec Philippe Vella a fait naître un nouveau pan d'espoir. Ce dernier a un bateau à Balaruc et s'est rallié tout de go au projet.

Aujourd'hui même, 1' "Espadon" (11 mètres ") prend donc la mer, char gé de matériel (sonar, ordinateur, global positioning system, etc). Jean-Louis Pereyre embarque aussi: « Je suis marin moi-même. Ce drame de la mer, qui peut arriver à chacun d'entre nous, motive mon implication. Tous les acteurs de cette opération tiennent le même discours.

Revanche sur le destin

Vu la fiabilité des équipements, l'épave devrait être localisée dans les quatre jours prochains. Alain aura alors gagné une partie de son pari. Dès lors, il faudra envisager le renflouement, toujours sans moyens financiers

Les images que nous allons recueillir durant la prospection - elle consiste en un véritable balayage de la mer - seront d'une précieuse utilité pour définir la stratégie de remontée. Et pour évaluer les démarches ultérieures, diton à bord de 1" Espadon ".

Alain Xicluna, 40 ans, ancien élève-ingénieur à l'école de chimie de Montpellier a mis, toute son énergie dans cette opération de sauvetagesolidarité. Son bateau, il y tient comme à la prunelle de ses yeux. Lorsque l'on veut, on peut... C'est ce qu'il a farouchement décidé de prouver. « Il y a évidemment un pari technique et scientifique derrière tout cela », fait-il remarquer.

« Si le bateau peut être renfloué, je le peindrai en vert et y apposerai les logos de toutes les sociétés qui m'ont aidé. On a aussi décidé de faire un bouquin et un CD ROM » fait savoir l'opiniâtre chef d'expédition. Et de conclure: « J'ai aussi pour projet de transformer le "Guindoul " en bateau de recherche archéologique sous-marine. Aux côtés de Jean-Louis Pereyre, il a pris goût aux explorations dans le monde du silence. L'Espadon " lève l'ancre. Pour Alain, cela signifie certainement une revanche sur le destin...

A .JONES

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de Alain Xicluna publiée le 23 septembre 2007 17h02.

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